Eric Bossard peint pour Aung San Suu Kyi.
Que représente pour vous la Birmanie ? La Birmanie, pour moi, c’est le souvenir d’un voyage que j’ai fait en 1982 de sept jours ; c’était le temps autorisé pour les voyageurs à cette époque ; Ce qui m’avait alors impressionné, c’était de découvrir que, par rapport aux pays himalayens, aux tons chauds, rouge sombre et brun bordeaux, les couleurs y étaient plus kitsch ; la Birmanie était plus asiatique, plus colorée.
D’où le choix des teintes vives, et ensoleillées de votre tableau. Mais, bien que nous soyons dans le non-figuratif, que symbolisent les déchirures qui zèbrent votre tableau ? Le côté politique, la Birmanie déchirée depuis des années. En fait, mon tableau est un collage, confectionné à partir d’affiches déchirées dans la rue. Je choisis ces dernières à cause de leurs couleurs, de leurs trames, de leurs grains, je les déchire puis je les recompose et les recolle. C’est l’affiche qui est la matière première de l’œuvre présentée. Les nouveaux réalistes m’ont inspiré, particulièrement Jacques Mahé de la Villeglé.
Propos recueillis par Danielle Schibler / ASB